Tout savoir (ou presque) sur l’AFEST

Si, comme moi, vous vous intéressez à la formation (et si vous lisez cet article, c’est le cas !), vous avez sûrement entendu parler de l’AFEST. L’Action de Formation En Situation de Travail (AFEST) constitue une nouvelle modalité d’apprentissage encore peu connue. Instituée par la loi « Avenir professionnel » du 5 septembre 2018, elle est désormais intégrée dans le Code du Travail.

Tout savoir sur l'AFEST
L’AFEST, une mise en situation accompagnée

Ni formation sur le tas, ni tutorat, l’AFEST est entourée d’un certain nombre de règles qui la consacre comme action de formation à part entière.

Son ambition consiste à « mettre de la formation dans le travail« . La situation de travail n’est donc plus un simple moyen « d’appliquer » ce qui a été vu en formation.

Une AFEST doit expressément viser un ou plusieurs objectifs professionnels. Elle doit identifier les situations pour y parvenir et les agencer en parcours. En outre, un formateur accompagne l’apprenant dans sa réflexion sur son activité.

L’AFEST, une nouvelle modalité de formation encadrée

Quatre critères conditionnent la mise en œuvre d’une AFEST :

  1. L’analyse préalable de l’activité permet d’identifier les compétences ciblées par l’AFEST et les mises en situation apprenantes. Afin de repérer les situations de travail, on se base sur les référentiels métiers. Il faut alors sélectionner les situations de travail les plus critiques pour lesquelles l’AFEST apportera une valeur ajoutée par rapport aux dispositifs existants. Pendant cette phase cruciale de préparation, on définit le cadre et les conditions de mise en œuvre. On accompagne les acteurs mobilisés et on élabore le scénario pédagogique.
  2. Des phases réflexives distinctes des mises en situation de travail sont mises en place sous forme d’entretiens de 30 mn minimum. Elles représentent des occasions pour l’apprenant de prendre du recul sur sa pratique : « J’ai réussi comment ? J’ai échoué pourquoi ? ». Loin d’être des échanges informels, ces temps de réflexion reposent sur deux types de support : des supports « témoins de l’activité » (carnet de bord, enregistrement vidéos, …) et des supports donnant le « prescrit », « ce qui devrait être fait » (fiches de postes, …). Ces phases permettent d’observer et d’analyser les écarts entre les attendus, les réalisations et les acquis de chaque mise en situation afin de consolider et d’expliciter les apprentissages.
  3. Des évaluations spécifiques des acquis de la formation jalonnent et concluent l’action.
  4. On doit pouvoir « tracer » une AFEST. Cela consiste à apporter la preuve du suivi de l’action par tous moyens (photos, vidéo, grille de questionnement…).

Une mise en oeuvre délicate

En résumé, une AFEST est un « parcours visant un objectif professionnel alternant phases de travail et de réflexion, accompagné, évalué et traçable ». Elle cible tout particulièrement des compétences ou des blocs de compétences sur des formats allant de 10 à 110 heures.

Vous le voyez, il s’agit bel et bien d’apprentissages formels qui ne peuvent se concevoir à la légère. Ils exigent notamment de créer un environnement d’apprentissage incluant le droit à l’erreur et à l’expérimentation. Ils nécessitent aussi de donner du sens aux actions, d’en définir le cadre et de mobiliser les ressources nécessaires (temps, hommes, contenus pédagogiques…).

A qui est destinée l’AFEST ?

L’AFEST enrichit le champ des possibles. Elle complète idéalement des modalités plus traditionnelles : présentiel, à distance, mobile learning… Elle consacre la transmission des compétences, en apportant ainsi une reconnaissance à la fois aux experts détenteurs d’un savoir spécifique et aux salariés formés. Centrée sur l’opérationnel, l’AFEST a des effets immédiats sur l’efficacité et la qualité du travail de l’apprenant. Celui-ci observe par lui-même sa montée en compétences. A l’issue de sa formation, il est immédiatement opérationnel.

Enfin, l’AFEST facilite l’accès à la formation des personnes qui, jusque là, ne bénéficiaient pas ou très peu de formations. Elle visait d’ailleurs au départ en priorité les très petites entreprises (TPE) et les personnes peu qualifiées. Mais elle peut être indiquée quel que soit le secteur d’activité, le métier ou la taille de l’entreprise.

Elle répond particulièrement bien à des situations comme l’absence sur le marché d’une offre de formation adaptée ou un savoir-faire très rare ou encore un public très éloigné de l’apprentissage classique, perçu comme trop scolaire. 

Alors, bonne pour tous, l’AFEST ? Certainement pas, d’autant qu’elle paraît difficile à mettre en oeuvre. Mais elle a le mérite de présenter une possibilité supplémentaire pour ceux qui veulent se former ou en ont besoin. Et, en matière de formation, il en faut pour tous les goûts !

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