L’intelligence émotionnelle, une compétence très prisée

A côté de notre intelligence logico-mathématique et verbale, à la base du fameux quotient intellectuel (QI), nous posséderions une intelligence émotionnelle, tout aussi importante au quotidien. Elle nous préparerait à mieux affronter les épreuves de l’existence et à saisir les opportunités. L’intelligence émotionnelle fait d’ailleurs partie de ces compétences de demain, très prisées aujourd’hui par les employeurs. Alors qu’en est-il vraiment ?

Intelligence émotionnelle : comment la développer
L’intelligence émotionnelle repose sur la faculté de nommer ses émotions

L’intelligence, c’est quoi ?

Depuis DESCARTES, émotion et intelligence s’opposent. La raison, c’est l’intelligence et l’intelligence c’est la négation de l’instinct, donc des émotions. L’intelligence, c’est la capacité de s’adapter à des situations nouvelles et à résoudre des problèmes.

Au début du 20e  siècle, à Paris, Alfred BINET et Théodore SIMON mettent au point une Échelle métrique de l’intelligence. Destinée à mesurer l’intelligence afin de prédire la réussite des individus, elle remporte un certain succès, surtout outre-Atlantique.

Mais cette échelle engendre vite certaines désillusions. Tout d’abord, elle induit souvent une confusion entre intelligence et érudition. Même si les tests de QI ont été révisés et actualisés, la plupart d’entre eux restent culturellement biaisés. En outre, la vision de BINET est une vision innéiste. L’intelligence y est héréditaire à plus de 80% et ne varie pas au cours de la vie.

Bientôt, certains chercheurs remettent en cause cette conception élitiste et figée. Ils défendent une vision plus humaniste, centrée sur la diversité et la complémentarité des dons. Il y aurait plusieurs façons de s’adapter à une situation nouvelle, donc plusieurs façons d’être intelligent. Par exemple, aux plans affectif, créatif ou artistique.

La naissance de l’intelligence émotionnelle

Le concept d’intelligence émotionnelle (IE) naît ainsi au confluent des réflexions de quatre psychologues contemporains : 

  1. Pour Howard GARDNER*, l’intelligence est multidimensionnelle. Il identifie 8 types d’intelligence : logique (type Einstein), spatiale (type Picasso), linguistique (type Voltaire), musicale (type Mozart), corporelle (type mime Marceau), interpersonnelle (type Ghandi), intrapersonnelle (type Proust), naturelle (type Darwin), existentielle (type Emily DICKINSON) .
  2. En 1990, Peter SALOVEY et son collègue John MAYER de l’Université de Yale énoncent pour la première fois le concept d’intelligence émotionnelle. Ils évoquent la nécessité de comprendre nos émotions et celles des autres pour plus d’efficacité dans les relations quotidiennes.
  3. Enfin, en 1995, David GOLEMAN** réhabilite le domaine des émotions dans un monde parfois trop rationnel. De plus, pour lui, les compétences émotionnelles sont  bien des capacités apprises qu’il faut développer et perfectionner.

Pour faire simple, disons que l’IE correspond à notre capacité d’identifier nos émotions, de les comprendre, de les contrôler ou de les ajuster en  nous-mêmes comme dans nos relations avec autrui en fonction des circonstances.

Les compétences émotionnelles de base

Précisons qu’une émotion est une réaction psychologique et physique à une situation. Elle a d’abord une manifestation interne et génère une réaction extérieure. En cela, elle diffère de la sensation, conséquence physique directement associée à une perception sensorielle. Elle se distingue aussi du sentiment qui n’entraîne pas de réaction Même si une accumulation de sentiments peut générer des émotions !

L’IE regroupe  cinq  grandes  compétences  émotionnelles

  • Compétences intra-personnelles (estime de soi, conscience de ses émotions,  autonomie),
  • Compétences  interpersonnelles (empathie, relations interpersonnelles),
  • Adaptabilité (résolution  de  problèmes, conscience de la réalité),
  • Gestion du stress (tolérance au stress, contrôle de l’impulsivité),
  • Humeur générale (optimisme  et  joie de vivre).

Nos compétences intra-personnelles, surtout la conscience de nos émotions, s’avèrent primordiales. Savoir identifier nos émotions, les accueillir et mieux les gérer nous incite à comprendre l’autre. Elle nous confère des qualités d’écoute, d’ouverture et d’empathie. Et comprendre comment les autres fonctionnent nous permet de mieux nous adapter à eux. Nous anticipons leurs réactions, leurs limites, leurs réticences.

Pour autant, tout le monde ne possède pas d’office une IE élevée. Pour savoir ce qu’il en est de la vôtre, vous pouvez faire un test. Vous en trouverez des dizaines de gratuits sur la toile. Je ne garantis rien de leur fiabilité car je n’en ai trouvé aucun de sérieux . Vous pouvez aussi lire cet article du Huffington post , intitulé « 11 signes que vous manquez d’intelligence émotionnelle » (tout un programme !). Amusant mais bien documenté, il vous permettra de repérer où vous en êtes dans ce domaine !

Comment développer votre intelligence émotionnelle ?

Par ailleurs, je refuse que les choses soient écrites à l’avance. Voici donc, comme toujours, quelques astuces pour développer votre propre intelligence émotionnelle. A vous de piocher celles qui vous conviendront le mieux :

  • Enrichissez votre vocabulaire émotionnel. Plus vous caractériserez vos perceptions, plus vous raisonnerez avec lucidité. Affinez ces expressions vagues Des quatre émotions de base (peur, colère, tristesse, joie). Plutôt que de dire « je vais mal », interrogez-vous. « Suis-je énervé, inquiet, anxieux,… ? ». 
  • Chassez les idées noires et évitez de ruminer. Pensez chaque soir, avant de vous endormir, à cinq événements positifs de la journée.
  • Faites des compliments et remerciez les gens autour de vous qui vous ont aidé. Vous exprimez de cette façon votre part d’humanité et nourrissez le besoin de reconnaissance de l’autre. 
  • Obligez-vous à aller voir chaque jour une personne que vous fréquentez peu. Discutez avec elle de sujets non professionnels (sa santé, ses enfants, son animal de compagnie…).
  • Apprenez à pardonner (ce qui ne signifie pas oublier). Vous vous en trouverez  apaisé et soulagé.
  • Adoptez l’écoute empathique. Mettez-vous à la place de l’autre, percevez ce qu’il ressent. Utilisez des verbes comme « Je comprends…, Je vois… ». Reformulez l’émotion de l’autre « … que tu es déçu (irrité, etc.). Si tu veux, on va en parler ».
  • Gérer vos propres émotions sans refouler vos émotions négatives. Au contraire, votre efficacité dépend de votre capacité à identifier et intégrer vos émotions.  Essayez d’identifier l’effet de certaines remarques que vous acceptez mal parfois. Êtes-vous déçu, blessé, vexé, en colère ?

Entraînez-vous !

Exercez-vous en trouvant une émotion pour chaque émoticône de l’image ci-dessus. Ne trichez pas : employez un mot différent pour chacune ! Et partagez vos trouvailles dans les commentaires.

Vous apprendrez progressivement à préciser votre ressenti et à le communiquer à votre interlocuteur. Vous serez surpris de constater combien le simple fait d’échanger sur une émotion ressentie dénoue une situation.

* « Les formes de l’intelligence », Howard GARDNER, éditions Odile Jacob (1997).

** « L’intelligence émotionnelle. Comment transformer ses émotions en intelligence », David GOLEMAN, éditions Robert Laffont (1997).

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