La zététique ou l’art du doute

Je vous ai déjà parlé de pensée critique, un concept essentiel en formation. En effet, nous devons pouvoir nous fier aux apprentissages qui nous sont proposés en présentiel ou sur internet. Comment nous assurer que le cours d’anglais ou le Mooc en ligne que nous avons repéré ou qu’on nous a recommandé est sérieux et pertinent ? Eh bien, en doutant ! En pratiquant la zététique ou l’art du doute !

Doute et zététique
Trompe-l’oeil : où est le vrai ? Où est le faux ?

La zététique, du grec zetein  « chercher », consiste à mettre en cause les pseudo-sciences ou la propagande en s’appuyant sur une recherche rationnelle d’informations. Parmi les grands représentants de ce mode de déconstruction des faits, on trouve le magicien Gérard MAJAX ou encore la série X-Files qui s’attache à dénoncer les escroqueries au paranormal.

La zététique, un état d’esprit

La réflexion n’est pas neuve pourtant. Dès que la conscience est apparue chez l’homme, le doute est né. Le doute constitue un état naturel de l’esprit qui s’interroge. Il se caractérise soit par l’incertitude concernant l’existence ou la réalisation d’un fait, soit par l’hésitation sur la conduite à tenir, soit par la suspension du jugement entre deux propositions contradictoires. Il est à l’origine des questions les plus fondamentales de notre existence. Qui suis-je ? Où vais-je ? Qu’y a-t-il maintenant ? Que sais-je ?

Le doute met en question, éprouve la vérité des faits, des récits ou des doctrines. Il examine l’exactitude des opinions, des idées ou des affirmations. C’est un état d’esprit où nous ne nous sentons pas assez éclairés pour porter un jugement et nous prononcer entre deux choses.

DESCARTES, dans son « Discours de la méthode », décide de douter de tout afin de découvrir quelque chose qui soit incontestable. Le doute s’avère donc bénéfique quand il n’empêche pas d’agir, mais qu’il permet de réfléchir.

Pour Amélie NOTHOMB, le doute et la peur sont d’ailleurs les auxiliaires des grandes initiatives.

Douter, c’est admettre que l’on peut se tromper et être trompé par nos sens ou par nos propres pensées. C’est le cas dans les illusions d’optique ou même les rêves où notre jugement est faussé. Refuser le doute, c’est se fermer à l’éventualité que la réalité puisse être différente et donc risquer de faire des erreurs.

Il y a doute et doute

Toutefois il y a des moments où le doute peut s’avérer dangereux. Ainsi, le pilote de course automobile n’a pas le temps de douter. Il doit réagir réponse immédiatement sous peine de catastrophe. Trop de doute risque parfois de nous conduire à l’immobilisme ou à l’inertie.

De plus, le doute naît souvent quand nous nous comparons aux autres, à leurs jugements et leurs regards. Cette incessante comparaison conduit au trouble et à la fuite.  Alors, le doute poussé à l’extrême devient un frein.

Pour éviter d’en arriver là, pratiquez le « rasoir d’Ockham », énoncé par le moine Guillaume d’OCKHAM au 14e siècle.

En gros, ce qu’il dit ce principe, c’est : « Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple » ? Quand il y a plusieurs options, mieux vaut choisir les moins « coûteuses » au plan cognitif.

Le Dr House (celui de la série) le répète souvent : « Quand tu entends un galop, pense cheval, pas zèbre ». C’est-à-dire qu’il faut s’attarder d’abord sur la cause la plus probable avant de diagnostiquer une maladie rare. Pour autant, l’hypothèse la plus logique n’est pas forcément vraie. Mais on doit simplement la considérer en premier.

Le doute, meilleure arme contre la crédulité

Bien géré, le doute est pourtant nécessaire à la progression de la pensée. D’autant plus que l’éducation que nous avons reçue et notre vécu formatent nos raisonnements ou nos jugements. Cet environnement est de plus en plus pollué par la multitude d’informations que nous recevons sans pouvoir les vérifier des médias ou d’internet, notamment. Le doute alors examine, critique, vérifie en nous empêchant de verser dans la crédulité aveugle et fanatique.

Il nous faut donc accueillir le doute. Cela nous demande d’apprendre à tolérer les incertitudes. Certaines personnes sont paralysées à l’idée de ne pas connaître le futur, de ne pas le maîtriser, ce qui les empêche d’avancer. Or il y aura toujours une part d’incertitude dans ce qui peut se produire. Nous ne pouvons pas tout savoir, nous devons l’accepter bien que la situation soit inconfortable.

Ne craignons plus de douter (raisonnablement) et pratiquons la zététique : c’est ce qui nous permet de progresser !

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